Le partage du logement à Bruxelles

Depuis avril 2016, une loi complexe sur l’hébergement touristique est entrée en vigueur à Bruxelles. Les habitants qui partagent leur logement de façon occasionnelle sont désormais traités de la même manière que les hôtels. On leur demande ainsi de se soumettre à une démarche d’enregistrement contraignante, initialement destinée aux professionnels, rompus à ces procédures.

Au nom de notre communauté, nous avons lancé une pétition demandant aux décideurs politiques de Bruxelles de mettre en place  des règles simples et claires pour ceux qui qui partagent leur logement. Depuis, beaucoup d’entre vous ont décidé de faire entendre leur voix – elles se sont ajoutées à d’autres manifestant leur opposition à cette nouvelle réglementation:

Johan Van den Driessche, député au Parlement Bruxellois a expliqué :

“Les réglementations actuellement en vigueur sont trop complexes, peu claires et disproportionnées”. Selon lui “… Ces règles imposent des mesures superflues, découragent les particuliers  de partager leur logement. Elles devraient donc être modifiées le plus vite possible.”

Roger De Langhe, philosophe économique à l’université de Gand, a dit :

“Les nouvelles réglementations favorisent les professionnels de l’hébergement et découragent les particuliers  qui louent leur logement de façon occasionnelle – il devrait se passer exactement le contraire.”

Marc Van Muylders, vice-président de la fédération Ho.Re.Ca (la Fédération des Hôtels, Restaurant et Cafés de Bruxelles) a dit:

La pratique du logement chez l’habitant et Airbnb sont des moteurs très importants pour nous. Ils attirent des voyageurs qui vont consommer dans les restaurants et les cafés aux alentours. Nous sommes favorables à une plus grande souplesse. J’aurais tendance à être plus indulgent pour le logement chez l’habitant, au regard des retombées engendrées pour la restauration et les cafés. Un acteur comme Airbnb permet de ne pas concentrer tout le monde autour de la Grand-Place ou de Manneken-Pis, ce qui est intenable à terme. Avec ce type d’hébergement, les touristes vont loger à Uccle, Schaerbeek, Saint-Gilles, etc. C’est une manière d’avoir d’autres expériences de Bruxelles.

L’Association européenne de la location de vacances (EHHA), qui a récemment déposé une plainte contre la Commission européenne concernant les règles contraignantes du partage du logement à Bruxelles, a expliqué :

“La nouvelle ordonnance de la région de Bruxelles est un véritable labyrinthe, rédigée sous la pression du lobby hôtelier.”

Les règles concernant le partage du logement à Bruxelles sont impraticables et nous souhaitons travailler en collaboration avec les décideurs politiques afin de les rendre simple et proportionnelles pour que tout le monde puisse en bénéficier. Un nombre incalculable de villes du monde a instauré des règles simples et claires pour le partage de logement. Nous avons également lancé des outils, comme notre boîte a outils, pour aider les villes à accompagner de façon efficace le développement du partage de logement. Nous sommes impatients d’évoquer ces sujets avec les autorités publiques locales dès que ce sera possible. Car nous souhaitons que les familles et les commerces locaux bénéficient des voyageurs qui visitent leurs villes.

Les hôtes Airbnb à Bruxelles ont accueilli plus de 230 000 voyageurs en 2016. Et l’hôte moyen touche près de 1 800 euros en partageant son logement seulement 30 nuits par an. Airbnb aide également au tourisme bruxellois à se diversifier et permet de répartir les voyageurs et les retombées économiques à travers la capitale de Bruxelles. 70% des annonces réservées au cours des derniers 12 mois sont hors du centre-ville.

Pour signer la pétition et attirer l’attention des autorités publiques afin qu’ils votent des règles justes sur le partage de logement, cliquez ici.